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Fès - Fez

Fès
Photo Satellite Fès
Festival de Fès 
Fes - Fez

Fès ou Fez, la plus ancienne cité impériale du Maroc, est aussi la gardienne des traditions et de la mémoire hispano-arabe. Celle que l'on nommait « l'Athènes de l'Afrique » doit sa position stratégique au croisement de deux routes caravanières, allant de la Méditerranée au Tafilalet et de l'Atlantique au Maghreb central. Héritière d'une longue histoire, elle fut choisie par plusieurs dynasties comme flambeau culturel et religieux de l'empire.

Fès a été fondée par un descendant du Prophète, Moulay Idriss, que les califes abbassides de Bagdad poursuivirent de leur courroux pour avoir participé à une révolte à la Mecque. Au cours de sa fuite, celui-ci s'arrêta sur les bords de l'oued Fès et eut le temps, en 789, avant d'être empoisonné par les califes rancuniers, d'établir sur la rive droite du fleuve, la première ville islamique du pays, Madinat Fès. Elle sera en 818 le refuge de milliers de familles andalouses chassées de Cordoue par les Omeyyades. Idriss II a construit à son tour une autre cité, sur la rive gauche, où se presseront cette fois, les familles arabes chassées de Kairouan, en Tunisie, vers 824. Les deux communautés se font face, et se développent de façon distincte. Tandis que l'arabe devient la langue dominante, les arts de la céramique, du travail sur bois, de la sculpture sur stuc s'épanouissent. L'islamisation s'étend sur tout le pays, et la mosquée El-
Qarawiyine ou El-Karaouine est construite en 857.

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Suit une période où Fès subit les rivalités sanglantes et les convoitises des Omeyyades d'Espagne et les Fatimides d'Egypte. Les Idrissides s'effacent finalement devant les Almoravides venus du désert, qui, bien qu'ils aient fondé une nouvelle capitale à Marrakech, ne délaissent pas pour autant Fès. Leur souverain Youssef Ben Tachfine ordonne la destruction des murailles en 1069. Les deux cités ne sont désormais plus qu'une et deux ponts les relient. La mosquée El-Qarawiyine devient le centre économique et spirituel de la ville, on l'entoure de souks, de fondouks, de bains publics, de moulins.La conquête de Fès en 1145 par les Almohades offre à la ville une prospérité jamais égalée.

Dès le XIII ème siècle on compte cent-vingt mille maisons. En 1212 le calife El-Nasser y reconstruit une forteresse et des remparts, dont une partie constitue l'enceinte actuelle. En 1250, les Mérinides parviennent à enlever la ville aux Almohades. Grands bâtisseurs, ils lui rendent son statut de capitale du royaume et entreprennent à Fès El-Bali - Fès l'ancienne - une cité nouvelle, Fès Jdid « la nouvelle » sise sur un plateau et assez vaste pour loger le Calife, sa suite, l'armée et l'administration. Fès redevient une agglomération double. D'un côté la médina des citadins, de l'autre, la cité administrative et militaire. Les plus grandes réalisations des Mérinides furent les médersas, les écoles coraniques.

L'âge d'or de Fès dure deux siècles. La fin de la dynastie mérinide est marquée par des troubles qui amènent les Wattassides au pouvoir en 1471. La ville entre dans une longue période de déclin. Lorsque les Saadiens s'en emparent en 1524, ils installent leur résidence à Marrakech. Fès est en proie à l'anarchie et aux luttes fratricides jusqu'à l'avènement de la dynastie alaouite. Le premier sultan alaouite, Moulay Rachid, choisit Fès comme capitale en 1666 et ordonne la reconstruction d'une cité meurtrie par plus d'un siècle d'épreuves. Le grand Moulay Ismaïl, son successeur (1646-1727), choisit une nouvelle capitale : Meknès. Fès s'affaiblit et se dépeuple et sombre à nouveau dans le déclin. A partir du règne de Moulay Mohammed ben Abdellah, qui rétablit l'ordre, la paix et la prospérité qui vont durer jusqu'au début du XXème siècle, Fès retrouve son rôle de capitale, qu'elle partage avec Marrakech.

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L'instauration du protectorat, signée le 30 mars 1912 à Fès engendre des mutations considérables. Une ville moderne se construit, face à la médina traditionnelle. Elle accueille une partie des citadins bourgeois de l'ancienne médina impériale, tandis qu'une population rurale déracinée et sans ressources s'installe dans la vieille ville déclassée.

L'aspect des remparts de Fès est loin d'être homogène, leur construction datant de différentes époques. S'il ne reste aucune trace des murailles idrissides et almoravides, les murs construits au XIIème siècle par le souverain almohade El-Nasser ont en revanche été restaurés et renforcés par les Mérinides ; enfin ceux de Fès Jdid sont l'œuvre du sultan mérinide Abou Youssef (1269). Ces remparts sont percés de portes monumentales - neuf pour la médina, six pour la ville nouvelle. Construites en pisé, en briques ou en moellons, elles sont encadrées de deux tours fortifiées en saillie qui forme un couloir couvert parfois coudé. Ces passages voutés et peu éclairés supportant des arcs outrepassés ou ogivaux, avaient pour fonction de ralentir la progression des ennemis pendant un siège.

Avec le développement de l'artillerie lourde, les portes fortifiées de Fès se transforment  en édifices décoratifs qui contribuent au prestige de la ville et facilitent la perception des droits d'octroi. Ornementées uniquement sur leur face extérieure, ces portes affectent la forme d'une baie, tantôt outrepassée, comme Bab Boujloud, tantôt ogivale, comme l'arc de Bab Ftouh ou celui de la porte de la ville royale Bab Dekakene, qui date du XIVème siècle. Celle-ci est ornée d'un cordon ogival dessiné par la moulure de petits arcs décoratifs saillants et par le jeu de volumes produit par le retrait de la frise. Un riche décor, composé de figures géométriques et calligraphiques, couronne sa partie supérieure. Sur ses écoinçons on trouve des motifs floraux entrelacés. La brique soigneusement appareillée, aujourd'hui recouverte d'enduit, a permis aux constructeurs de sculpter des formes géométriques complexes qui encadrent la baie de la porte.
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Passé l'une des portes monumentales de la Medina, le flot de la foule bigarrée se presse vers les différents souks. Le long d'un labyrinthe bordé d'échoppes et de fondouks, dont la topographie n'a pas changé depuis le XIIème siècle, on ira à la qissariya, le marché couvert des produits précieux, choisir parfums, bijoux et soieries ; puis à la mosquée El-Qarawiyine ou au mausolée de Moulay Idriss, patron de la ville. A moins qu'on ne se dirige vers le souk El-Nejjarine, quartier des menuisiers, ou El-Seffarine, domaine des dinandiers, magiciens des chaudrons et de toutes sortes d'autres cuivres. Le souk Attarin étale ses sacs d'épices et le souk Aïn Allou offres ses articles de cuir et ses milliers de babouches. Les métiers sont regroupés par spécialité dans des fondouks ou des quartiers et organisés hiérarchiquement par rapport au centre. Les produits encombrants et de moindre valeur ou ceux qui intéressent les ruraux se trouvent à la périphérie de la ville. Les tanneries qui exhalent de puissantes odeurs, sont installées au voisinage des sources ou des cours d'eau.

Certains des fondouks de Fès ont une valeur artistique indéniable, tels le Fondouk El-Nejjarin, ou entrepôt des menuisiers. Bâti probablement au XVIII ème par un souverain alaouite, s'ouvre par une porte décorée couronnée d'un arc en fer à cheval qui s'inscrit dans une façade admirable par ses dimensions et la finesse et ses compositions ornementales. Une magnifique fontaine en zelliges polychromes, dite El-Nejjarin, décore l'entrée. La cour intérieure est entourée de galeries embellies de balustrades et de moucharabiehs.

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La ville royale est traversée du nord au sud, de Bab Dekakene à Bab Semmarine, par une longue artère. Malgré ses édifices restaurés et remaniés sous les différentes dynasties, elle a conservé les principaux traits de son ancien ordonnancement. La porte monumentale en cuivre ciselé qui donne accès au palais par la place des Alaouites a été élaborée par les artisans de Fès. Les décors architecturaux, sont partout luxuriants : les revêtements en plâtre sculpté, en bois ciselé ou taillé, en zelliges polychromes, les centaines de colonnes couvertes de mosaïques et les galeries qui se déploient à perte de vue.

Dans les coulisses des rues commerçantes, une autre Fès, paisible et domestique, silencieuse et méditative, semble tenir à distance les regards étrangers. Passages obscurs, impasses imprévisibles, chicanes inattendues. La disposition générale des maisons ordinaires et des palais de Fès ne varie pas, et ce sont toujours les mêmes éléments qui les composent : entrée en chicane, cour, chambre et dépendances. Il faut chercher les différences dans les dimensions, la qualité des matériaux et la complexité de l'ornementation architecturale. A partir du XIXème siècle, certaines familles aristocratiques font édifier leur demeure à l'extérieur des remparts, là où elles peuvent disposer de grands jardins. Dar El-Batha est un édifice singulier qui fait partie du complexe palatial de la ville royale. Situé dans une ancienne zone de jardins irrigués par un oued, il a été construit à la fin du XIXème siècle par le roi Moulay El-Hassan Ier, qui voulait en faire un lieu de réception solennel. Avec sa cour magistrale recouverte de faïences, embellie d'une grande pièce d'eau, et son immense jardin andalou encadré de dalles de zelliges polychromes et ornée en son centre d'une vasque en marbre blanc, accueille aujourd'hui le musée des Arts et Traditions populaires.

 

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